FACE AUX CATASTROPHES, LA SANTÉ MENTALE AU CŒUR DE LA PRÉPARATION ET DE LA PROTECTION DES COMMUNAUTÉS

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé Mentale, célébrée chaque 10 octobre, la Croix-Rouge du Burundi met en lumière l’importance de la santé mentale dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence. Dans cette perspective, et sur appui du Consortium du projet Echo (Croix-Rouge Finlandaise, Croix-Rouge Française et la Croix-Rouge de Belgique/ Communauté Francophone) elle a organisé, du 6 au 8 octobre 2026, une formation de formateurs sur la Santé Mentale et le soutien psychosocial (SMSPS) en situation d’urgence, à l’intention de son personnel et de ses volontaires.

Cette formation vise à renforcer les capacités des volontaires et staff de la CRB afin de mieux accompagner les communautés touchées par les catastrophes et autres situations d’urgence. Elle a notamment permis aux participants d’acquérir des connaissances et des outils pratiques pour reconnaître les signes de détresse psychologique, apporter un premier soutien adapté et transmettre les compétences acquises aux autres volontaires dans leurs localités.

Les participants, issus de différents domaines d’intervention, notamment la préparation et la réponse aux catastrophes, l’engagement communautaire, la protection et les interventions d’urgence, sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la diffusion des connaissances et le renforcement des capacités au niveau local.

La santé mentale, une dimension essentielle de la préparation aux urgences

Madame Claudine BIZIMANA, Directrice des Programmes à la Croix-Rouge du Burundi, a souligné que cette initiative s’inscrit dans le cadre des préparatifs face au phénomène El Niño annoncé dans le pays. Elle a rappelé que les catastrophes n’entraînent pas uniquement des pertes matérielles, la destruction des infrastructures et la perturbation des moyens de subsistance. Elles peuvent également provoquer une détresse psychologique importante et affecter durablement le bien-être des personnes et des communautés touchées.

« Intégrer la santé mentale dans nos préparatifs et nos réponses aux urgences est une nécessité. Il ne s’agit pas seulement de répondre aux conséquences d’une crise, mais aussi de renforcer nos connaissances pour anticiper, prévenir et accompagner les communautés avant, pendant et après une situation d’urgence », a-t-elle souligné.

Selon elle, cette formation constitue une étape importante dans le renforcement des capacités de la Société Nationale. Les participants sont désormais appelés à partager leurs connaissances, à encadrer les volontaires et à contribuer à une réponse humanitaire plus efficace, humaine et adaptée aux besoins des populations.

La tenue de cette activité à l’approche de la Journée mondiale de la Santé Mentale rappelle également que la protection des communautés face aux catastrophes ne saurait se limiter à l’assistance matérielle et physique. Elle doit intégrer le bien-être psychologique et le soutien psychosocial, indispensables au relèvement des personnes affectées.

Des volontaires mieux outillés pour soutenir les personnes vulnérables

Les bénéficiaires de la formation ont également souligné la valeur ajoutée de cette initiative dans leurs interventions auprès des communautés.

Aloys NIGENDAKO, volontaire secouriste psychosocial au sein de la Branche de Cankuzo, affirme avoir acquis de nouvelles connaissances sur l’accompagnement des personnes en situation d’urgence. Il s’est engagé à partager les acquis de la formation avec les autres volontaires de sa coordination provinciale afin de renforcer les capacités d’intervention au niveau local.

De son côté, Noëlla NYANDWI, volontaire de la coordination provinciale de Gitega, maître-formateur en Premiers Secours et responsable des équipes de réponse en premiers secours, a insisté sur l’importance de comprendre les réactions psychologiques des personnes affectées par les catastrophes. Elle a notamment souligné la vulnérabilité de certains groupes, dont les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, qui peuvent nécessiter une attention particulière et un accompagnement adapté.

La formation lui a permis d’approfondir des techniques essentielles, notamment l’observation, l’écoute et l’établissement d’une relation de confiance. Ces outils contribuent à mieux identifier les besoins des personnes affectées et à leur apporter un soutien respectueux de leur dignité. Elle estime que les compétences acquises renforceront sa capacité à accompagner les victimes, notamment les personnes exposées aux violences physiques et sexuelles, à la marginalisation ou à l’insécurité. Elle prévoit également de transmettre ces connaissances aux autres volontaires de sa coordination.

À l’issue des trois jours de formation, tous les participants ont reçu un certificat, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des capacités de la Croix-Rouge du Burundi en matière de santé mentale et de soutien psychosocial en situation d’urgence.

À travers cette initiative, la CRB réaffirme son engagement à placer la dignité, la protection et le bien-être des personnes au cœur de ses interventions humanitaires. En cette Journée mondiale de la santé mentale, elle rappelle que préparer les communautés aux catastrophes, c’est aussi prendre soin de leur santé mentale et renforcer leur capacité à faire face aux crises et à s’en relever.

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