À l’approche d’une période annoncée comme potentiellement à risque, la Croix-Rouge du Burundi renforce les capacités des acteurs communautaires à anticiper et à répondre aux inondations. À Rumonge, un exercice de simulation a permis de tester les mécanismes d’alerte, de coordination et d’intervention en situation d’urgence.
La Croix-Rouge du Burundi, en collaboration avec la Plateforme Nationale de Prévention des Risques et de Gestion des Catastrophes (PFNPRGC), la Croix-Rouge de Belgique/Flandre (RKV) , la Croix-Rouge de Belgique francophone (CRBe-Fr), et l’appui de l’Ambassade de Belgique, a organisé, ce jeudi 10 septembre 2026 à Rumonge (province de Burunga) un exercice de simulation consacré à la préparation et à la réponse aux inondations.

L’exercice visait essentiellement à évaluer le niveau de préparation des acteurs communautaires et leur capacité à agir rapidement et de manière coordonnée face à une catastrophe. Pour la Croix-Rouge du Burundi, l’exercice constitue également un moyen de renforcer les réflexes de prévention et de préparer les communautés à transformer les informations météorologiques en actions concrètes.
De l’alerte précoce à la réponse

La simulation s’est appuyée sur les prévisions de l’Institut Géographique du Burundi (IGEBU), en considérant plusieurs échéances : 10 jours, 7 jours, 4 jours et 24 heures avant une éventuelle inondation. À chaque étape, les participants ont été amenés à identifier les actions prioritaires : informer les populations exposées, préparer les moyens nécessaires, protéger les biens essentiels et, lorsque la situation l’exige, organiser l’évacuation. Pour la Croix-Rouge du Burundi, l’objectif est de faire de l’alerte précoce un véritable outil de protection des communautés. Plus l’information est reçue et comprise en temps utile, plus les populations disposent de temps pour se préparer et réduire les conséquences d’une catastrophe.
La prévention, moelle épinière de l’action communautaire

Érasme Hakizimana, président de la Plateforme communale de gestion des risques et des catastrophes à Rumonge, a insisté sur la nécessité d’agir avant la tombée des précipitations excédentaires du mois de septembre à décembre 2026 tel que annoncées par l’IGEEBU. Il appelle les communautés à notamment, accélérer l’entretien des caniveaux, des drains et des ouvrages hydrauliques dans les zones à haut risque. Il encourage également les ménages à disposer de sacs de sable et à conserver les documents les plus importants dont les titres fonciers, diplômes et autres dans un endroit sûr. Ces mesures s’inscrivent dans une approche de prévention que la Croix-Rouge du Burundi cherche à renforcer auprès des communautés exposées.
Des moyens encore à renforcer

Le Général de Brigade de Police Ménédore NTIRAMPEBA, vice-présidente de la Plateforme Nationale de Prévention des Risques et de Gestion des Catastrophes (PFNPRGC), a indiqué que des activités de sensibilisation sur les risques liés au phénomène El Niño Fort sont en cours au niveau national. Elle a salué l’appui de la Croix-Rouge du Burundi et ses partenaires et a réaffirmé que le gouvernement du Burundi poursuit ses efforts pour renforcer les moyens nationaux de réponse.
Cet exercice de simulation est intervenu alors que le Burundi garde en mémoire l’impact de plusieurs catastrophes liées aux phénomènes météorologiques extrêmes. À Gatumba, les inondations de l’année 2024 ont touché environ 2 000 ménages, dont près de 1 000 ont été délocalisés vers le site de Gisagara, dans la commune de Mubimbi, avant leur relocalisation ultérieure vers Gateri.
Pour la Croix-Rouge du Burundi et ses partenaires, ces expériences montrent l’urgence de renforcer la préparation des actions anticipatoires. À Rumonge, le message était simple : “anticiper l’inondation, c’est déjà commencer à sauver des vies. Chaque alerte, chaque heure et chaque action préparatoire peuvent contribuer à réduire les pertes humaines et matérielles.”
