Depuis décembre 2025, plus de 300 réfugiés Congolais du Camp de BUSUMA en situation de séparation familiale ont retrouvé leurs familles laissées derrière eux en RDC grâce à l’accompagnement de la Croix-Rouge du Burundi (CRB) avec l’appui du Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Derrière chacun de ces cas se trouve une histoire de fuite et de séparation, mais aussi une histoire d’espoir, de retrouvailles et de dignité préservée.
Les violences et les déplacements forcés de populations fuyant les conflits armés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), ont profondément bouleversé la vie de nombreuses familles. Dans la précipitation pour sauver leurs vies suites aux affrontements, des enfants ont été séparés de leurs parents, tandis que des membres d’une même famille ont parfois été contraints de fuir dans des directions tous azimuts, sans savoir où se trouvaient leurs proches. À Busuma, la CRB, avec l’appui du CICR, œuvre au rétablissement des liens familiaux et à la prévention de leur rupture. Depuis le début des interventions, en décembre 2025, plus de 300 réfugiés ont ainsi été accompagnées. Parmi eux figurent notamment des enfants séparés ou non accompagnés, ainsi que des personnes à la recherche de membres de leur famille.
Retrouver une voix, retrouver un proche.

Pour répondre à ces situations, les équipes identifient et enregistrent les personnes à la recherche de leurs proches, recueillent les informations nécessaires aux recherches et facilitent le rétablissement des contacts par téléphone. Lorsque les moyens de communication habituels ne sont pas accessibles, l’échange de messages familiaux permet également de renouer et maintenir le lien. Gratuits, ces services représentent bien plus qu’un simple moyen de communication. Pour les familles séparées par les violences, ils constituent souvent un premier pas vers le soulagement, la réassurance et la reconstruction.

L’histoire de Monsieur Shombo Musimwa, père de cinq enfants et originaire de Luberizi, dans la plaine de la Rusizi est éloquent. Lors de sa fuite vers le Burundi, sa fille, Flora Anwalite, a pris une autre direction, destination Kalemie. Arrivé au camp de Busuma, Shombo a appris que la Croix-Rouge du Burundi pouvait l’aider à retrouver sa fille. Grâce aux informations recueillies via le service téléphonique mis gratuitement à la disposition des réfugiés par la CRB, le contact a finalement pu être rétabli. « Avant de la retrouver, nous avions du mal à dormir et à manger. Grâce au téléphone de la Croix-Rouge du Burundi, la communication ne m’a rien coûté et je suis ravi d’avoir retrouvé ma fille. » Pour Shombo, cet appel a mis fin à une longue période d’angoisse et d’incertitude. Au bout du fil, il n’a pas retrouvé seulement une voix : il a retrouvé sa fille.
La solidarité, une protection essentielle pour les enfants.

La protection des liens familiaux (PLF) ne repose toutefois pas uniquement sur l’action des organisations humanitaires. La solidarité des communautés d’accueil joue elle aussi un rôle déterminant, particulièrement lorsqu’il s’agit de protéger les enfants séparés ou non accompagnés. Lorsque Pacifique Dunia, père de six enfants, a découvert que Ndundu Regina Christine, 19 ans, et ses deux frères avaient été séparés de leurs parents à la suite des affrontements à l’est de la République Démocratique du Congo, il a choisi de les accueillir avec ses propres enfants, même s’il ne les connaissait pas auparavant. Au camp des réfugiés de Busuma, il a appris que la Croix-Rouge du Burundi, avec l’appui du CICR, pouvait faciliter les retrouvailles avec leurs proches. Grâce notamment au numéro de téléphone de son père que Christine avait mémorisé, le contact avec leurs parents a finalement pu être rétabli. Ce geste illustre la force de la solidarité dans les situations de crise et rappelle que la protection des personnes vulnérables est aussi une responsabilité collective. Dans les moments où les repères s’effondrent, un geste de compassion peut devenir un véritable acte de protection.
Plus de 300 situations, autant d’histoires humaines

Les activités de protection des liens familiaux (PLF) constituent une réponse humanitaire essentielle face aux conséquences des conflits, des violences et des déplacements forcés. Un appel téléphonique, un message familial ou une information soigneusement recueillie peuvent sembler être des gestes simples. Mais, pour une famille séparée, ils peuvent mettre fin à une longue période d’incertitude et d’angoisse. À Busuma, les plus de 300 situations accompagnées ne se résument donc pas à un chiffre. Elles représentent des enfants qui retrouvent leurs proches, des parents qui peuvent enfin être rassurés et des familles dispersées par la violence qui renouent avec le dialogue.
Faciliter les liens familiaux, c’est bien plus que réunir des personnes : c’est protéger, rassurer et préserver la dignité de celles et ceux que les crises ont séparés. Le camp de Busuma a enregistré plus de 67 mille réfugiés congolais.
